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La DA fut considérée initialement comme un phénomène de mode. Au Sénégal, elle fût introduite durant les années 1970 et pratiquée par une infime partie de la population de cercles restreint tel que celui des « driankés » ou encore celui des prostituées. Cependant, elle se généralisa rapidement à toutes les couches sociales de la population. Elle est retrouvée surtout chez les femmes aussi bien analphabètes que chez celle ayant eu une instruction d’un niveau supérieur. Célibataires et mariées, toutes ethnies confondues, sont concernées.
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Les complications médicales de la dépigmentations artificielles sont nombreuses et variées. Certaines sont fréquentes et connues de longue date et d’autres sont plus rares et méritent d’être rapportées car sources d’erreur diagnostique. Par ailleurs, du fait de nombre sans cesse croissant de nouveaux produits qui inondent le marché et également du délai entre l’usage des produits et l’apparition d’effets secondaires, les complications médicales potentielles de cette pratique n’ont pas fini d’être listée.
Complications dermatologiques
Complications infectieuses
Il s’agit de parasitoses cutanées telles que la gale, de mycoses (les dermatophyties et les intertrigos macérés). Les complications bactériennes sont relativement fréquentes avec une augmentation de la fréquence (multipliées par 5 en 10 ans). Le tableau clinique est à type d’érysipèle ou de cellulite.
Dyschromies :
Les hyper pigmentations par contraste siègent aux régions péri-oculaires, péri-buccales et à la face dorsale des doigts et motivent rarement la consultation (8/425 à l’IHS). Par contre,l’ochronose exogène (“thiéré” en wolof qui est une langue locale) est plus fréquente et au-delà de toute ressource thérapeutique. D’autres types de lésions sont représentées par les éruptions « lupus-like » qui réalisent des lésions papuleuses photo-distribuées observées avec les produits à base d’hydroquinone.
Acnés cortico-induites :
Différentes de l’acné vulgaire par le caractère monomorphe des lésions.
Etats poikilodermiques :
Ils siégent à la base du cou et ont été décrits par Marchand depuis 1975.
Eczémas de contact :
Ils réalisent un tableau de dermite sèche desquamative. Ils sont observés avec les produits contenant de l’hydroquinone ou du mercure. Leurs sièges sont les zones photo-exposées et les grands plis.
Dermites caustiques :
Vergetures
Elles sont fréquentes, étendues,atrophiques et pigmentées mais motivent rarement la consultation.
Hypertrichoses
C’est l’augmentation de la pilosité. Elles siègent à la face et sont observées avec les produits à base de corticoïdes.
Autres dermatoses :
Ichtyose prétibiale (16%à l’IHS) On peut noter par ailleurs, une modification de l’aspect de certaines dermatoses telles que la lèpre, entraînant un retard diagnostic considérable après l’installation des séquelles neurologiqules.
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Diabète et hypertension artérielle
Ils sont secondaires à l’application de dermocorticoïdes de classe I (les plus forts) sur toute la surface cutanée et ceci sur une longue période.
Complications rénales :
Elles sont observées avec les produits à base de mercure. Les tableaux cliniques sont à type de syndrome néphrotique.
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L’utilisation de produits à base de mercure lors de la grossesse peut se compliquer d’une intoxication du nouveau-né par du mercure. Par ailleurs, il existe un passage transplacentaire des corticoïdes et il a été démontré (étude en cours à l’institut d’hygiéne Sociale) une baisse du taux plasmatique de cortisol chez la femme enceinte même si pour l’instant, des manifestations cliniques n’ont pas encore été étaient rapportées. De nombreux produits utilisés sont potentiellement toxiques sans que leur effet ne soit réellement démontré. On observe également un retard à la cicatrisation en cas de césarienne entraînant un retentissement sur la santé maternelle et infantile.
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Il n’y a pas d’étude ayant évalué les coûts directs et indirects de la Dépigmentation Artificielle.Des estimations ont permis d’évaluer à un milliard de CFA par an la somme dépensée à Dakar pour l’achat de produits dépigmentants. Certaines études ont retrouvé que le coût mensuel de l’achat de produits dépigmentants variaient de 250 à 25000F CFA avec une moyenne 3300F CFA. L’étude de Raynaud, menée à l’Hôpital Principal de Dakar, a retrouvé le coût mensuel de la pratique à 4109F CFA (EXTREMES DE 500 à 35000F CFA)
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La prévention de toute les affections induites par les produits dépigmentants réside dans l’information juste et éclairée des pratiquantes sur les méfaits de la Dépigmentation Artificielle sans porter de jugement en évitant les discours moralisateurs et en proposant des alternatives crédibles et à la portée des pratiquantes en vue d’un arrêt définitif de la dépigmentation artificielle.
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